Fissures et sols argileux autour de Reims : les communes concernées et ce qu’on fait avant de reboucher
Votre fissure ne veut pas dire la même chose à Reims et à Gueux. La différence n’est pas une impression : elle est relevée, commune par commune, et elle change l’ordre de vos travaux.
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Fissure verticale fine courant dans l’allège d’une façade entre deux fenêtres, sur un enduit clair vieilli qui laisse deviner la brique, avec un léger décollement en bordure
Ce qu’est le retrait-gonflement des argiles
C’est un phénomène de teneur en eau, et rien d’autre. L’argile perd du volume quand elle sèche et en reprend quand elle se réhydrate. Votre maison posée sur un sol qui contient de l’argile suit ce mouvement, et elle le suit inégalement selon les endroits : un angle plus exposé au soleil, une haie qui pompe l’eau d’un côté, votre descente d’eaux pluviales qui arrose l’autre.
Vous lisez ce mouvement sur les points faibles de votre façade. En premier lieu l’allège, ce panneau de mur situé sous une fenêtre, et vos angles de pignon. Le tracé caractéristique est en escalier, parce que la fissure suit les joints, plus tendres que les éléments qu’ils assemblent.
Les communes du secteur, telles qu’elles ressortent au relevé
Le relevé Géorisques a été fait commune par commune sur les seize communes couvertes par ce site. Il donne trois niveaux, et l’écart entre eux est réel.
aléa fort : Gueux, Jonchery-sur-Vesle, Muizon, Saint-Brice-Courcelles
Trois indices, à regarder ensemble plutôt que séparément.
Le tracé d’abord. Une fissure fine, rectiligne et régulière est le plus souvent une fissure d’enduit, superficielle. Une fissure en escalier qui suit les joints signale un mouvement de la maçonnerie.
La localisation ensuite. Sous une fenêtre, dans un angle de pignon, ou au raccord entre le corps de maison et un garage accolé : ce sont les endroits où un mouvement de sol se manifeste en premier.
Le comportement dans le temps enfin, et c’est le plus décisif. Une fissure dont l’ouverture varie selon la saison est vivante. Une fissure qui n’a pas bougé depuis des années est stabilisée, quel que soit son aspect.
Pourquoi on ne rebouche pas tout de suite
Parce qu’un rebouchage posé sur un mouvement actif se rouvre au même endroit, un peu plus large, à la saison suivante. Ce n’est pas une malfaçon de l’enduit : c’est l’ordre des opérations qui était faux.
La réponse honnête, sur une commune en aléa fort, est donc de mesurer. On pose des témoins, on relève l’ouverture, et on laisse passer un cycle sec et un cycle humide. C’est frustrant quand on veut avancer, et c’est ce qui évite de payer deux fois la même reprise. Dans la majorité des cas, la conclusion est rassurante et la fissure rejoint simplement le ravalement comme un poste ordinaire.
Ce qu’on peut faire sans attendre
Trois gestes utiles et peu coûteux, valables sur tout sol argileux.
rétablir l’écoulement des eaux pluviales loin de la façade, descentes, regards, pente du terrain
vérifier qu’aucune fuite de réseau enterré n’humidifie le sol d’un seul côté
regarder ce qui pousse près du mur : les végétaux à fort besoin en eau accentuent l’assèchement en période sèche
L’étude de sol, et quand elle est obligatoire
La loi ELAN impose une étude géotechnique préalable à la vente d’un terrain constructible situé en zone d’aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles. Cette obligation vise la vente d’un terrain, pas une maison déjà bâtie, mais l’information vaut au-delà : dès qu’un mouvement de fondation est suspecté, l’étude devient la première étape raisonnable, parce qu’aucune reprise sérieuse ne se conçoit sans savoir ce qui bouge.
La reprise en sous-œuvre, elle, est un ouvrage lourd. Elle se propose après un diagnostic qui la justifie, jamais devant une fissure fraîche.
Les deux points que cette fiche vous demande de regarder
Le calque de façade, réduit aux deux repères dont il est question ici. Ce sont des endroits de votre façade, pas des pièces de fenêtre.
L’allège
Ce que cet endroit impose
Le panneau de mur sous votre baie. C’est le point faible de votre façade, et c’est là que vous verrez une fissure apparaître en premier si l’argile de votre sol travaille. Quatre communes du secteur ressortent en aléa fort de retrait-gonflement des argiles au relevé Géorisques : Gueux, Jonchery-sur-Vesle, Muizon et Saint-Brice-Courcelles.
Ce qu’on relève avant de commander
Le tracé de votre fissure et son ouverture, si elle traverse le joint ou la brique, si elle bouge d’une saison à l’autre, et ce que font les allèges de vos autres baies.
Ce qui se remplace
L’enduit et les maçonneries reprises. Mais nous ne rebouchons rien avant d’avoir compris d’où vient le mouvement : sinon votre fissure revient au même endroit.
L’appui
Ce que cet endroit impose
Saillant, en pierre ou en brique posée sur chant. C’est le parcours de l’eau chez vous : elle arrive sur l’appui, elle doit repartir vers l’extérieur. Si votre appui est trop court ou si sa pente s’est effacée, il renvoie l’eau dans votre mur au lieu de l’en écarter.
Ce qu’on relève avant de commander
Le débord réel de votre appui, sa pente, l’état du rejingot, la présence ou l’absence d’un larmier en sous-face, et les traces de ruissellement sous votre baie.
Ce qui se remplace
Le rejingot et l’étanchéité de la liaison. Nous gardons votre appui d’origine chaque fois qu’il tient, parce que c’est lui qui donne la largeur du dormant.