Conseil
Rénover un logement rémois de l’entre-deux-guerres : ce qu’on trouve derrière les murs
Votre logement rémois relevé après 1918 se rénove bien, à condition que vous sachiez à l’avance ce que nous allons trouver. Voici l’inventaire, sans dramatisation.
3 min de lecture

Un béton de structure, une brique d’ornement
Les édifices urbains de la Reconstruction rémoise ont été rebâtis en béton, la cathédrale elle-même ayant été reconstruite en béton armé, et les ornements extérieurs sont majoritairement en brique. Pour un appartement, cela se traduit très concrètement : des murs porteurs denses, des refends parfois épais, et une inertie qui explique pourquoi ces logements sont agréables en été et coûteux en hiver.
La conséquence pratique la plus utile : on ne saigne pas un porteur en béton pour passer un réseau. C’est une des raisons pour lesquelles la rénovation de ces logements passe presque toujours par un doublage sur ossature, qui offre une lame d’air où faire circuler l’électricité et la ventilation.
Aucune isolation d’origine
Ces murs n’ont jamais été conçus pour être isolés, et ils ne le sont pas. La question n’est donc pas de savoir s’il faut isoler mais par où, et à Reims la réponse est souvent contrainte : sur un bâti dont l’ornement extérieur est en brique, isoler par l’extérieur recouvre précisément ce qui fait la valeur de la façade.
Le pont thermique le plus visible n’est d’ailleurs pas le mur lui-même : c’est la jonction entre le plancher et la façade, et le retour de tableau autour des baies. Ce sont ces deux points qui décident du confort ressenti, davantage que quelques centimètres d’isolant supplémentaires.
Des menuiseries bois d’époque, souvent encore en place
Beaucoup de ces logements portent encore leurs fenêtres d’origine, ou leur premier remplacement des années soixante-dix. Les dormants d’origine sont souvent en bon état et bien scellés, ce qui ouvre parfois la voie à une rénovation sur dormant conservé, plus rapide. Le prix à payer est une perte de clair de vitrage, qui se calcule au relevé et qui n’est pas toujours acceptable.
L’imposte vitrée est l’élément à ne pas perdre par inadvertance. Elle fait partie du dessin de la baie, et sa suppression change la proportion de la façade entière.
Les deux diagnostics à anticiper
Le constat de risque d’exposition au plomb concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949. Sur le bâti rémois relevé dans les années qui ont suivi 1918, cela couvre la quasi-totalité des immeubles : la question se pose donc systématiquement, en particulier pour les peintures anciennes des menuiseries et des boiseries.
Le diagnostic amiante vise les bâtiments dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, et un repérage de l’amiante avant travaux est encadré réglementairement. Cela dépasse largement l’entre-deux-guerres et concerne aussi les logements des quartiers d’expansion des années 1970.
Ces deux diagnostics s’anticipent au devis. C’est le seul imprévu de chantier qui soit entièrement prévisible, et le découvrir une fois la pièce vidée coûte du temps à tout le monde.
Dans quel ordre engager les travaux
Un ordre qui fonctionne, et qui n’est pas le seul.
- les diagnostics obligatoires, avant toute dépose
- ce qui touche à l’enveloppe et à l’étanchéité : menuiseries, appuis, façade si elle en a besoin
- l’isolation et la ventilation, pensées ensemble
- les cloisons, doublages et plafonds, qui referment tout le reste
- les finitions, qui ne se lancent qu’une fois les points précédents réglés
Ce que ces logements gardent d’exceptionnel
Des hauteurs sous plafond, des baies verticales généreuses, une lumière que les constructions plus récentes n’offrent pas, et une façade qui a été dessinée. Les éclats d’obus subsistent d’ailleurs sur une paroi de la cathédrale et sur la façade de la gare, et les incrustations posées pour reboucher les petits trous se voient sur de nombreux bâtiments publics et privés. La ville n’a pas cherché à effacer ses réparations : elle les a faites tenir. C’est un bon programme pour un logement aussi.
Pour aller au concret : l’ensemble des prestations de rénovation à Reims vous détaille ce qui est compris, ce qui ne l’est pas, et ce qui fera bouger votre devis.
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